“La plus vieille lettre de Jérusalem”

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"No es más que un trozo de arcilla de 2 x 3 cms. Pero es el documento escrito más antiguo encontrado en Jerusalén. Unos arqueólogos israelíes han publicado el descubrimiento de una tableta perteneciente al siglo XIV a.c., escrita con caracteres cuneiformes. El fragmento ha sido descubierto en Jerusalén Este…"

A continuación la nota original publicada en Le Monde:

Pour peu qu’ils soient retrouvés à Jérusalem, 6 centimètres carrés d’argile noircie par le temps peuvent susciter l’enthousiasme. Ainsi de la découverte d’Eilat Mazar (Université hébraïque de Jérusalem), publiée dans la dernière édition d’Israël Exploration Journal : il s’agit d’un petit fragment de tablette, de 2 centimètres sur 3, estampé de neuf lignes de caractères cunéiformes. Et si ce morceau de terre cuite enflamme autant l’imagination, c’est qu’il est le document écrit le plus ancien jamais découvert dans la ville "trois fois sainte".

 

Selon l’assyriologue Wayne Horowitz (Université hébraïque de Jérusalem), la graphie et la langue utilisées le datent sans ambiguïté du XIVe siècle avant J.-C. Jusqu’à présent, le témoignage écrit le plus ancien retrouvé à Jérusalem était une inscription rédigée en hébreu et dans un alphabet paléo-hébraïque, découverte dans un tunnel d’alimentation en eau, creusé vers 700 avant notre ère sous le règne du roi Ezéchias. Les six lignes de l’inscription en question (dite "inscription de Silouane") relatent les travaux de percement de la galerie dans laquelle elle a été retrouvée.

Le petit fragment d’argile nous renvoie six siècles plus tôt. Que dit-il ? Il ne faut pas compter sur la traduction pour le savoir. "Il n’a pas fallu longtemps pour décrypter le fragment, qui ne doit guère représenter que 2 % à 3 % de la tablette entière", dit M. Horowitz. Seuls les mots "ils", "faire", "vous étiez" et "plus tard" émergent de l’argile. Rien qui constitue une phrase. La graphie cunéiforme et la langue utilisée, l’akkadien, suggèrent toutefois que le document était une correspondance de nature diplomatique, une missive royale. Au milieu du IIe millénaire avant notre ère, l’akkadien, langue sémitique originaire du sud de l’Irak actuel, est en effet la lingua franca de tout le Proche-Orient – un peu comme la langue anglaise dans le monde mondialisé d’aujourd’hui. Chaque roi ou potentat local dispose à sa cour de scribes capables de l’écrire à l’aide du système cunéiforme, inventé autour de 3000 avant notre ère, en Mésopotamie.

Le fragment a été découvert au cours d’une fouille menée dans une zone très sensible de Jérusalem-Est, entre le mont du Temple et le mont des Oliviers, au pied des remparts de la Vieille Ville. Mais il n’a pas été exhumé dans un contexte archéologique révélateur : il a été découvert mêlé à la terre utilisée dans un remblai, en contrebas d’un bâtiment à la datation controversée, mais érigé au moins quatre siècles après que la tablette d’argile a été inscrite… Rien, dans l’environnement immédiat de la découverte du petit fragment, ne suggère donc quoi que ce soit de son auteur ou de son destinataire.

Pour en savoir plus, les archéologues et les épigraphistes n’ont pas cherché sur place. La clé, en réalité, est très loin de là. La mise au jour du petit fragment de Jérusalem fait écho à une autre découverte, bien plus ancienne, faite en Egypte, à quelque 300 kilomètres au sud du Caire.

Autour de 1890, des paysans égyptiens découvrent, à El-Amarna (moyenne Egypte), d’impressionnantes quantités de tablettes en argile, la plupart en excellent état de conservation. Plus de 300 documents sont ainsi mis au jour sur le site de l’antique cité d’Akhetaton, la capitale fondée vers 1350 avant J.-C. par le pharaon Aménophis IV, plus connu sous le nom d’Akhenaton et fondateur de l’éphémère culte d’Aton.

Mais, chose inhabituelle en Egypte, les documents découverts n’utilisent ni les hiéroglyphes locaux ni la langue égyptienne : ils sont rédigés en langue akkadienne, transcrite en cunéiformes. Le lieu fouillé clandestinement par les paysans d’El-Amarna n’était autre que le bureau des affaires étrangères du pharaon. Les documents représentent une part de sa correspondance diplomatique : il s’agit principalement de messages adressés à leur suzerain égyptien par les petits roitelets du pays de Canaan. Parmi eux, un certain Abdi-Heba, qui règne sur Urushalim – c’est-à-dire Jérusalem – autour de 1340 avant notre ère. Il est l’auteur de six de ces lettres adressées au pharaon.

Entre 2002 et 2004, Nadav Na’aman, Yuval Goren et Israël Finkelstein, archéologues à l’université de Tel-Aviv, ont étudié, grâce à des méthodes de caractérisation chimique et minéralogique, l’argile des tablettes d’El-Amarna. "Lorsque le fragment a été retrouvé à Jérusalem, vu la qualité de sa réalisation, il était naturel de penser qu’il pouvait provenir d’une tablette envoyée depuis l’Egypte par le pharaon, raconte M. Goren. Mais lorsque nous avons étudié l’argile, il est devenu évident que sa composition indiquait qu’elle provenait d’un matériau local, et qu’elle a été faite à Jérusalem."

Comme la plupart des tablettes "amarniennes", signées du fameux Abdi-Heba. Le fragment appartient donc vraisemblablement à une lettre adressée à son suzerain égyptien par un roitelet hiérosolymitain du XIVe siècle avant notre ère. Un roitelet qui pourrait bien être Abdi-Heba lui-même, bien qu’il soit impossible d’en avoir la certitude. Et s’il a finalement été retrouvé sur place, c’est donc peut-être que la lettre – pour une raison inconnue – n’a jamais été envoyée. Ou, plus sûrement, que le fragment exhumé est celui d’une copie conservée sur place pour archivage.

Outre sa charge symbolique, la découverte confirme – s’il en était besoin – que la Jérusalem de l’âge du bronze récent (entre 1600-1200 avant J.-C.) est bel et bien sise au même endroit que la Jérusalem de l’âge du fer (dès 1200 avant J.-C.). C’est-à-dire dans la partie orientale de la ville, conquise en 1967, dans la zone estimée être l’emplacement de la Jérusalem du roi David, premier souverain israélite à avoir régné sur la cité, conquise, selon la tradition, vers 1000 avant notre ère.

A priori, le fragment d’argile découvert, antérieur de près de trois siècles et demi à la conquête présumée de la ville par David, ne dit donc rien de cette histoire, racontée par l’Ancien Testament. Mais ce serait sous-estimer la puissance évocatrice et la charge idéologique de toute découverte exhumée du sous-sol de la ville sainte. Dans le communiqué, Eilat Mazar explique ainsi que la mise au jour du fragment "contredit ceux qui ont utilisé le manque de trouvailles archéologiques substantielles de cette période pour dire que Jérusalem n’était pas à cette époque une cité majeure". Cela suggère, ajoute l’archéologue, que c’est bien "l’importance de la ville, qui s’est accrue plus tard" qui "a conduit à sa conquête par le roi David au Xe siècle avant J.-C.".

De fait, la belle facture des cunéiformes imprimés sur le fragment découvert – pas moins d’ailleurs que ceux des lettres d’El-Amarna – indique que le roi de Jérusalem disposait à sa cour de scribes compétents. Pour l’archéologue Israël Finkelstein, ce fait ne prouve nullement que la cité ait alors été une ville très importante. "Il y a à cette période très peu de sites établis dans le sud des monts de Judée dominés par la place forte de Jérusalem, qui elle-même ne devait pas être un endroit très ‘‘élaboré”, dit-il. La population totale de l’ensemble de la zone en comptant Jérusalem ne devait pas excéder quelques milliers de personnes."

La grandeur de Jérusalem aux plus hautes époques est au centre d’un âpre débat entre archéologues. L’affaire est d’importance : il en va de la crédibilité du récit biblique. Celui-ci décrit David et surtout son fils Salomon régnant dans le faste sur un territoire vaste et structuré. Et non sur un petit domaine circonscrit aux hautes terres du sud de l’actuelle Cisjordanie, depuis un hameau à peine fortifié… Mais il n’est pas sûr que cette question soit tranchée par quelques grammes d’argile. Fussent-ils découverts à Jérusalem !

Stéphane Foucart

Fuente: http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/16/archeologie-la-plus-vieille-lettre-de-jerusalem_1388795_3244.html

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Acerca de Juan Zapato

Desde temprana edad mi incursión por las palabras escritas fue delineando mi perfil intelectual hacia la literatura. Ángela, mi abuela, con su cálida voz y esa facilidad para transmitir oralmente las historias que solían acompañarme por las noches –preparación para el sueño– despertó en mí la pasión por los libros. Luego vino el amor, junto con las primeras palabras que dibujaran versos adolescentes, impulsos quebrados en forzosas rimas, la intención que conlleva la pureza de plasmar sobre una hoja un universo de fantasías reales y de realidades fantásticas, trampas que el inconsciente juega a nuestros sentidos. Trasnochadas de cafés compartidas con poetas, salvadores del mundo, sabihondos y suicidas. Horas sumergidas en librerías buscando los tesoros de la literatura olvidados en algún estante. Cartas que nunca partieron hacia ningún lugar. Conversaciones perdidas con la gente que ya no está”. Ver todas las entradas de Juan Zapato

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